Conférence “État des lieux du pluralisme en économie” le 15 octobre à l’EHESS (Paris)

Dix ans après la crise de 2008, le pluralisme en économie n’est toujours pas à l’ordre du jour dans l’enseignement à l’université et se trouve menacé, médiatiquement et institutionnellement. Les étudiant.e.s en tant que futur.e.s citoyen.ne.s et travailleur.e.s en ont pourtant grandement besoin pour agir et penser les crises en cours et à venir.

Le 15 octobre prochain nous nous unissons aux Économistes Atterrés, à l’Idies, l’AFEP, Alternatives économiques, l’APSES – Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales et l’Ires dans une conférence à l’EHESS (105 bd Raspail) pour renouveler l’état des lieux sur le pluralisme en économie, comprendre ce qui le menace et proposer des axes d’intervention et de mobilisation pour le défendre.

L’entrée est libre et gratuite

Pour en savoir plus : http://assoeconomiepolitique.org/conference-debat-etat-des…/

CORE n’est pas une réponse aux attentes des étudiants !

Le débat sur l’enseignement de l’économie est marqué en ce début d’été par la traduction française du manuel CORE en vue de l’utiliser dans les grandes écoles, notamment Sciences Po Paris, et à l’université. Coordonné par Wendy Carlin, professeure d’économie (UCL), ce manuel en ligne gratuit d’introduction à l’économie est disponible en langue anglaise depuis 2013 et est continuellement mis à jour. Ce projet se propose de renouveler l’enseignement de l’économie à l’université en appliquant dans chacun de ses 22 chapitres l’analyse néoclassique à des problèmes économiques concrets : l’innovation, les politiques macroéconomiques, le marché du travail et les relations de pouvoir qui s’y expriment, les choix publics, l’entreprise, le système bancaire, l’écologie et les inégalités, entre autres. Son adaptation en français est pilotée par Yann Algan, professeur d’économie (Sciences Po Paris).

La communication est bien rodée, le narratif est posé : l’enseignement de l’économie est vu comme trop abstrait par les étudiants, le projet CORE propose donc d'”étudier la réalité“. Au-delà des problèmes épistémologiques liés à une telle ambition, on est en droit de se demander si l’utilisation dans le supérieur de sa version française répond réellement aux critiques étudiantes de l’enseignement de l’économie faites depuis les années 2000 dans le monde entier (ci-joint la lettre ouverte du mouvement international ISIPE – International Student Initiative for Pluralism in Economics, dont PEPS-Economie est co-fondateur). Beaucoup des propositions et ambitions du manuel sont en phase avec ce que nous réclamons, comme un enseignement tourné vers la résolution de problèmes économiques et non pas l’étude des outils pour eux-mêmes, une réelle intégration de l’histoire des faits et de la pensée ainsi que des apports des autres sciences, c’est pourquoi PEPS-Economie a décidé de mener l’enquête en réalisant une étude critique chapitre par chapitre de la version anglaise de l’ouvrage, qui sera publiée cette année.

CORE est-il un manuel fait “pour les étudiants”, à partir de leurs critiques ? Nous tenons à partir des principaux résultats de notre étude grandement nuancer cette affirmation.

Le centre du problème : il n’y a qu’une seule « économie »

Notre premier constat est que ce manuel n’avance pas sur le premier des trois volets de la critique portée autant par les étudiants que de nombreux chercheurs en économie : l’absence de pluralisme théorique. On trouve en effet tout au long du manuel des expressions telles que “​economists think​”, “​in economics we define​”, “​in economics we consider” ainsi que de petits encadrés intitulés “​When economists disagree” (nous soulignons). A les croire, l’analyse économique est consensuelle et a réussi à “dépasser les clivages”. Mais est-il réellement question pour les étudiants de dépasser les divergences entre les plus grands auteurs en économie ? On demande justement à ce qu’on nous les enseigne !

Le risque est de prendre pour argent comptant les théories et méthodes employées par « les économistes », groupe aux contours flous, sans saisir leur origine, leur construction et leurs limites. L’économie est une science sociale, donc traversée par des discussions entre paradigmes mutuellement incompatibles et c’est justement ce qui lui permet d’avancer. Nous voyons donc mal comment il est possible de répondre aux attentes des étudiants en niant l’existence même de la pertinence des débats qui traversent, et ont toujours traversé à la base la discipline. Prétendre à une possibilité de tout fondre dans un même cadre ne peut que mener qu’à une dénaturation des idées. Par exemple, dans l’unité 1 au titre ambitieux de “The capitalist revolution”, on s’attend à une analyse croisée – accessible pour des étudiants en licence – des débats qui ont opposé de grands penseurs du capitalisme. Or les économistes relativement connus qui sont cités se limitent à Smith, Kornai ou Acemoglu. Où sont Marx (dont le livre est utilisé dans la communication autour du projet core), Schumpeter ou encore Polanyi, qui ont tous les trois essayé de caractériser le capitalisme ? Avoir mis “capitalisme” dans le titre de leurs oeuvres les plus connues n’était sûrement pas assez pour que Braudel l’historien et Weber le sociologue puissent contribuer à la discussion, ce qui laisse présager du degré d’ouverture disciplinaire du reste du manuel.

Des ouvertures, oui, mais qui reflètent celles du champ standard : rationalité stratégique et institutions comme “règles du jeu”

Le contenu du manuel reste fondamentalement standard en ce sens qu’il continue à considérer les acteurs économiques comme individuellement rationnels et à situer l’analyse économique par référence au fonctionnement du “marché parfait”.  Sans éléments d’histoire des faits et de la pensée pour donner les origines et motivations d’une telle démarche ni préciser son appartenance à la théorie néoclassique, une théorie parmi d’autres en économie, nous voyons mal comment il est possible de faire autrement qu’accepter et prendre tels quels les concepts présentés.

Cet important travail présente pourtant de vraies pistes d’ouverture théorique et disciplinaire qui doivent être encouragées et mises au coeur de l’argumentation​. On a ainsi la définition suivante de l’économie ​: « l’étude de la manière dont les individus interagissent entre eux et avec leur environnement naturel afin d’assurer leur subsistance, et comment celle-ci peut varier au cours du temps », de l’institution : « les lois et coutumes sociales régissant l’interaction des individus dans la société » ou encore du capitalisme comme “système économique caractérisé par un ensemble d’institutions” (nous soulignons). De telles définitions donnent un point d’entrée riche en débats pour les étudiants qui permet de faire comprendre ce qui oppose les grands courants de pensée, des libéraux aux critiques du capitalisme, et la possible contribution des autres sciences sociales, qui n’ont pas attendu l’économie pour s’emparer de la question.

En fait, ces ouvertures ne rendent compte que des extensions du courant standard lui-même​, ce qui explique par exemple que la notion d’institution ne soit abordée que sous l’angle de la “nouvelle” économie institutionnelle, pas citée en tant que telle. Les institutions ne sont en fait que le cadre dans lequel s’exprime l’homo (toujours) œconomicus : elles fixent seulement des contraintes (des “coûts”) et des incitations (des “gains”). Ainsi le modèle de l’agent rationnel utilitariste est toujours sous-jacent aux raisonnements, qu’on retrouve dans la plupart des chapitres sinon tous;

Quelle réflexivité et quelles méthodologies ?

Malgré les progrès réalisés par CORE, nous maintenons le fondement de notre critique sur le plan du pluralisme théorique. Ce que l’on reproche à l’enseignement en général reste aussi pertinent vis à vis de CORE quant aux positions réflexives et aux approches méthodologiques évoquées.

Sur le plan de la réflexivité, nous le précisions plus haut, les auteurs font le choix de présenter l’économie comme une science unifiée. Ils n’abordent pas les conditions dans lesquelles les analyses ont été développées et n’évoquent qu’à demi-mot (voire moins) les problèmes des hypothèses sur lesquelles ils se basent théoriquement. Ils ne répondent pas à la critique du manque de recul sur la production du savoir qu’ils diffusent. Les rares interrogations d’ordre épistémologique qu’on peut croiser dans le livre souffrent du même problème, livrées hors de tout contexte et mises en périphérie de l’argumentation. On fait ainsi dans le chapitre 1 sentir à l’étudiant à juste titre qu’il est infiniment difficile de saisir des causalités en macroéconomie, ce qui impose de recourir à des expériences naturelles. Cette méthode est-elle récente ? S’impose-t-elle d’elle même ou est-elle finalement propre à une théorie économique en particulier ? Aucune réponse, même simple, n’est donnée à ces questions et l’étudiant.e doit encore une fois se convaincre que c’est la “bonne façon de faire”.

Sur le plan des méthodes de recherche en économie, bien que le manuel ne soit pas un traité méthodologique, deux indices montrent qu’ils n’envisagent même pas la pluralité empirique. D’une part, l’ensemble des études qui sont utilisées ponctuellement pour appuyer le propos sont des statistiques descriptives ou des expériences plus ou moins contrôlées qui cherchent des corrélations. D’autre part, le site de core propose un supplément “doing economics” dans lequel l’accent est porté exclusivement à la quantification. Il semblerait alors que l’ouverture à ce qui ne relève pas de la mesure soit inexistante.

Malheureusement, CORE répond trop partiellement à la critique étudiante

Bien-sûr, ​CORE aborde des thèmes d’actualité, souligne sérieusement l’importance d’enjeux clés comme les inégalités et la question écologique, et c’est une excellente chose​. Il mobilise largement les notions d’institutions et d’amendements du modèle de l’agent rationnel, mais cela ne fait que rendre compte des derniers travaux de l’économie standard. Il n’est en l’état aucunement pluraliste et au contraire entretient une confusion quand à la nature profonde de l’économie : une science sociale en débat. ​S’il est souligné dans le manuel que c’est une science sociale, l’approche de l’homme et de la société évolue peu, alors qu’elle a déjà clés en mains de grandes possibilités d’ouverture théorique et disciplinaire.

Ce manuel a pourtant de bons éléments pour radicalement changer, dans le même nombre de pages, en privilégiant un style plus scientifique à une vulgarisation qui parfois laisse perplexe ainsi qu’à de très longues anecdotes qui souvent prennent finalement plus de place qu’une histoire des faits et de la pensée en bonne et due forme. L’approche thématique est saluée, mais n’est finalement pas très nouvelle ni particulièrement originale, elle ne prendra tout son sens en devenant un cours ​par objet ​que si elle réussit à croiser les approches théoriques et disciplinaires pour décortiquer un problème économique et non simplement à réutiliser les mêmes concepts pour expliquer certains faits stylisés. ​En un mot, on en vient à se demander si les auteurs n’ont pas plus pensé que le malaise dans l’enseignement de l’économie vient de la forme plutôt que du fond.

Appel à contributions de jeunes chercheurs – 30e congrès de l’EAEPE / Call for papers from young scholars – 30th EAEPE annual conference (Nice, France, 5-8 September 2018)

Dear Colleagues,

European Association of Evolutionary Political Economy (EAEPE) is having its annual conference in Nice during 6-8 September while pre-conference for young scholars will be taking place during 5-6 September. Organized by a team of PhD students and currently in its 4th edition, pre-conference has an interactive format and aims at bringing motivated young scholars and established senior academics together. Content-wise, pre-conference consists of a series of workshops, a dedicated time slot for students to introduce their research projects and a dinner. It serves as a perfect venue to interact and network as well as to attend theme-specific workshops: this year pre-conference speakers are Erik Reinert, Özlem Onaran, Agnes Labrousse, and Alessandro Caiani.

We are therefore kindly ask you to disseminate this information among your colleagues and graduate students. Apply here by May 31.

Participation is free of charge for those who are registered for the main conference but participants need to submit a motivation letter. Students who are not taking part of the main conference are also welcome to apply but will need to pay a registration fee of 90 EUR. Meanwhile, a limited amount of travel stipends and tuition fee waivers is available.

Please find enclosed the call for participation, while for further inquiries please contact pre-conference team via eaepe.preconference@gmail.com

Sincerely,

Madeleine Jönsson, on behalf of EAEPE pre-conference team

 

Remise du prix Veblen et table-ronde sur le pluralisme dans l’enseignement supérieur le 14 mai

À celles et ceux présent.e.s sur Paris le 14 mai prochain, on co-organise la soirée de remise du prix Veblen Institute for Economic Reforms à Antonin Pottier, en partenariat avec Alternatives économiques.
La cérémonie sera suivie d’une table ronde sur l’état du pluralisme au sein de l’enseignement éco et du débat public en France durant laquelle nous ferons valoir le point de vue étudiant

Plus d’informations sur le site de l’institut Veblen ici

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Date : le 14 mai à partir de 18 heures

Lieu : Institut Veblen – Fondation pour le Progrès de l’Homme – 38 rue Saint-Sabin, 75011 PARIS

Inscription gratuite mais obligatoire : https://www.inscription-facile.com/form/lD2tWqgzzUAW58j9EsdR

Appel au rassemblement pour la défense des SES le mercredi 11 avril à Paris

Etudiant.e.s en économie, nous militons depuis 2011 pour un enseignement pluraliste de l’économie dans le supérieur. A ce titre, nous prenons régulièrement en exemple la façon dont les sciences économiques et sociales sont enseignées au lycée. En effet, en étudiant différents objets sous un angle pluridisciplinaire (économie, sociologie et sciences politiques), celles-ci participent au processus de construction de l’esprit critique et par là, du citoyen. Ce processus devrait logiquement continuer, entre autres, dans les formations d’économie, de la licence au master. Pourtant, nos travaux mettent en exergue une déconnexion des enseignements de la réalité économique et sociale qu’ils sont censés étudier.

Alors que l’approche des SES doit être un exemple pour améliorer les cursus d’économie dans le supérieur, la réforme fait craindre au contraire un véritable nivellement par le bas. Baisse du volume horaire des SES en seconde, possible cloisonnement disciplinaire et récupérations politiques des programmes risquent de dénaturer cette matière.

Nous apportons donc tout notre soutien à l’Association des Professeurs de SES (APSES).

Pour en savoir plus vous pouvez suivre sur Facebook la mobilisation et consulter le communiqué de presse de l’APSES.

CNEG – Préconisations de bonnes pratiques pour l’enseignement supérieur en Économie-Gestion

Lors de sa réunion du 20 avril 2017, le Conseil National Economie Gestion a adopté une série de préconisations de bonnes pratiques pour l’enseignement supérieur en économie gestion. Vous les retrouverez ci-dessous ou ici et la pour le communiqué de presse.

Ces objectifs consensuels ont émergé des discussions menées par les différentes parties prenantes au sein du CNEG (Conseil National Économie Gestion). En lien avec les missions que s’est fixé le CNEG lors de sa création. Il s’agit de renforcer l’attractivité des diplômes dispensés dans les domaines de l’économie et de la gestion, tant du point de vue des étudiants que de celui des acteurs pouvant offrir des débouchés professionnels. Il s’agit tout à la fois de faire évoluer les diplômes pour rendre plus efficace l’insertion professionnelle des diplômés, de faciliter l’acquisition de savoirs et méthodes pluralistes et de valoriser les initiatives concourant à promouvoir la filière.

Le CNEG insiste sur l’impérieuse nécessité de mieux prendre en compte l’enseignement dans l’évolution des carrières des enseignants-chercheurs. Aujourd’hui et concrètement, les activités pédagogiques et d’encadrement des diplômes sont insuffisamment valorisées dans le passage du corps des maîtres de conférences vers celui des professeurs des universités. Les bonnes pratiques que nous préconisons ci-après ne peuvent être pleinement mises en place que si ces activités pédagogiques sont véritablement prises en compte dans l’évaluation et le suivi des carrières.

  • Les informations concernant le contenu des enseignements doivent être mieux diffusées. Les syllabus et bibliographies doivent systématiquement être mis en ligne pour être portés à  la connaissance des étudiants comme des recruteurs. Dans cet objectif, il est important que les compétences acquises au sein des formations soient clairement identifiées et diffusées de la même manière que les syllabus et bibliographies. Il est important de veiller à la cohérence des enseignements sur l’ensemble du cursus.
  • Les formations doivent assurer une meilleure continuité entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. En particulier la formalisation mathématique doit intervenir progressivement. Cette formalisation ne doit ni provoquer un obstacle de nature à décourager les étudiants ni aboutir à des enseignements trop abstraits.
  • Le contenu des enseignements doit être initié ou développé par des problématiques contemporaines et concrètes associée à  la compréhension des processus historiques à l’œuvre dans leur émergence (par l’histoire des faits et de la pensée). L’approche par problématique permet à la fois de susciter l’intérêt des étudiants et de contribuer à s’initier à la démarche scientifique. L’acquisition de savoirs rigoureux et pluralistes est ainsi facilitée.
  • Les pratiques pédagogiques permettant de mobiliser des compétences transversales (économie, gestion, techniques quantitatives comme qualitatives, mais aussi recours aux sciences sociales connexes) doivent être encouragées. Il s’agit de promouvoir les cours par objet, les enseignements en lien avec les enjeux économiques contemporains, ou les enseignements conceptuels en lien avec l’actualité économique et sociale. Au- delà, toute pratique pédagogique qui favorise l’efficacité de l’apprentissage des étudiants doit être encouragée. Une démarche par objet, par projet, ou d’investigation permet d’acquérir des compétences utiles dans la formation universitaire mais aussi dans l’insertion professionnelle.
  • Notamment afin d’encourager l’apprentissage des langues étrangères par une immersion totale, la possibilité de prendre une année de césure au cours de la licence comme du master doit être garantie. Au-delà, la mobilité internationale doit être encouragée.
  • La généralisation d’unités d’enseignement libres (UE libres) dans les maquettes doit être encouragée. Ces UE pourraient être validées par des engagements des étudiants dans des associations étudiantes (Junior Entreprises, soutien scolaire par exemple, car elles mobilisent des compétences en lien avec les cursus suivis) mais aussi par le suivi de cours offerts dans d’autres cursus, la pratique d’un sport ou encore l’apprentissage d’une langue étrangère non proposée dans le cursusLes créations de réseau de type « Alumni » doivent être encouragées. Il s’agit de favoriser les rencontres entre anciens étudiants et étudiants actuels. Ces réseaux d’anciens favorisent l’insertion professionnelle.

L’équipe PEPS-économie


Documents à télécharger :

PEPS-Économie à l’École d’économie de Clermont-Ferrand (7/03/2016)

logo-ucaPEPS-Économie a l’honneur de vous annoncer sa venue à l’Université Clermont Auvergne (63) le mardi 7 mars prochain.

L’objectif de cette journée est double : recueillir le témoignage des étudiants en cursus économique et échanger avec les enseignants du Centre d’Études et de Recherches sur le Développement International (CERDI).

Nous vous donnons donc rendez-vous dans le hall de la Rotonde (26 Avenue Léon Blum, 63000 Clermont-Ferrand) de 9h à 17H.

L’équipe PEPS-économie.

 

Quelques nouvelles de PEPS et du pluralisme sur Le Monde Campus !

Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’inteview de PEPS par Adrien de Tricornot du Monde Campus. Nous en profitons pour faire un court bilan des dernières évolutions du pluralisme et des activités de PEPS.

http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/27/maria-roubtsova-l-enseignement-de-l-economie-manque-cruellement-de-pluralisme-dans-le-superieur_5070383_4401467.html

Puisqu’il est tout juste encore temps, toute l’équipe de PEPS vous souhaite une bonne année, pluraliste évidemment.

JECO 2016 : retour sur la participation de PEPS-économie

En 2014, Pierre-Cyrille Hautcoeur remit à Madame Geneviève Fioraso, alors secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, un rapport sur l’avenir de la filière sciences économiques. Sujet toujours d’actualité, l’Institut pour le Développement de l’Information Économique et Sociale (IDIES) organisait en marge des journées de l’économie à Lyon une table ronde sur les suites de ce rapport. En tant que représentant des étudiants, PEPS-économie était invité à participer à cet exercice de vulgarisation et de démocratisation de l’économie. Agnès Bénassy-Quéré (vice-présidente du Conseil d’analyse économique, AFSE, professeure à PARIS 1) et André Orléan (président de l’AFEP) complétaient la tribune.

Nous revenons sur les principaux points de notre intervention.

Deux ans après, un malaise toujours palpable

Alors même que le contenu du rapport Hautcoeur est globalement intéressant, nous n’avons pu témoigner depuis d’une évolution positive de l’enseignement de l’économie en France. Pour cause, la suppression de l’agrégation du supérieur est la seule modification institutionnelle appréciable (et appréciée par l’ensemble des intervenants présents à la conférence) depuis deux ans. Ayant permis l’ouverture de postes de professeurs des universités à plus de candidats à l’approche hétérodoxe, cette mesure ne concerne néanmoins pas directement les étudiants.

Notre association a donc relayé l’éternel malaise ressenti par de nombreux étudiants en économie, désabusés par le contenu des programmes qui leurs sont dispensés. Depuis 2010, nous recevons et illustrons leur mécontentement (comme avec notre cartographie des cinquantes licences françaises parue en 2013). La prépondérance de cours complètement hermétiques à la pluridisciplinarité ne répond pas aux besoins des étudiants, à savoir l’envie de comprendre la société et ses interactions. Il en résulte ainsi une grande frustration intellectuelle, alors même que notre science est d’une richesse réflexive et méthodologique remarquable.

Pour une refonte intelligente de l’enseignement en économie

Toute critique qui n’est pas suivie de propositions concrètes étant vaine, nous avons également exposé ce que nous désirons. Selon nous, il ne peut y avoir d’enseignement innovant, critique et professionnalisant sans une approche pluraliste (sur ce dernier point, nous avons exprimé notre vif désaccord avec Madame Bénassy-Quéré selon qui un enseignement pluraliste ne peut être professionnalisant). Ainsi, nous défendons l’application des “3P”, véritable feuille de route d’une refonte intelligente de l’enseignement de l’économie. Par là, nous entendons un pluralisme des théories enseignées (faire partager aux étudiants les débats actuels entre les différents courants de pensée de l’économie), un pluralisme méthodologique-disciplinaire (former les économistes aux méthodes quantitatives, indispensables, mais aussi aux méthodes qualitatives) et un pluralisme réflexif, reflétant la nature de l’économie comme science sociale. Afin d’articuler de façon optimale ces propositions, une approche des cours par objet nous semble être la formule la plus adaptée.

La dispersion des malentendus sur nos propositions

Les acteurs de l’enseignement en sciences économiques connaissant mal nos revendications, comme Madame Bénassy-Quéré, nous reprochent généralement de vouloir imposer une certaine vision de l’enseignement et de l’économie. Nous désirons simplement établir un dialogue autour de nos revendications, a fortiori parce que nous sommes étudiants et qu’aucune réflexion sur l’enseignement ne peut être menée sans réunir l’ensemble des acteurs. Nous n’avons donc pas la prétention de nous substituer aux professeurs. Seulement, nous croyons à l’importance de prendre en considération les remarques des étudiants en économie, croyance renforcée par le fait que l’insatisfaction exprimée par ces derniers n’a toujours pas entraîné d’avancées majeures. Dès lors, les propositions de PEPS-économie (les trois pluralismes, l’approche par objet…) doivent être interprétées comme de grandes orientations, ouvertes aux discussions entre les parties (discussions pour lesquelles nous nous portons disponibles). L’ouverture d’une licence économie-géographique entre les universités Paris 7 et Paris 13, à laquelle PEPS-économie a apporté son aide, est un des exemples de bonne collaboration.

Une atmosphère générale encourageante

Au-delà des réactions positives suscitées par l’intervention de PEPS-économie durant le débat, nous nous félicitons de la présence du pluralisme dans les différentes conférences des JECO. En effet, sur des thèmes bien plus larges que celui de l’enseignement tels que “le monde est devenu différent ” ou “à quoi servent les économistes ?”,  le pluralisme fut le leitmotive des questions du public. Plus que jamais, la société civile semble désireuse d’appréhender la science économique sous toutes ses nuances. Combien de temps l’enseignement de l’économie y restera-t-il muet ?

Pour plus d’informations

Descriptif de la conférence à laquelle nous avons participé :

http://www.journeeseconomie.org/index.php?arc=a6&num=508

Notre réaction au rapport Hautcoeur datant de 2014 :

https://pepseco.wordpress.com/2014/06/09/rapport-hautcoeur-la-reaction-de-peps/

Un débat sur l’enseignement de l’économie à l’université avec PEPS-économie ? Rendez-vous aux Journées de l’économie le 9/11 à Lyon !

PEPS-économie participe, le 9 novembre à Lyon, à la première table ronde des rencontres de l’Institut pour le développement de l’information économique et sociale (Idies), organisée dans le cadre du « off » des Journées de l’économie (Jéco), sur le thème de l’Enseignement à l’Université : quelles suites après le rapport Hautcœur ?

Vous pouvez retrouver ici la réaction de PEPS-économie à la sortie du rapport Hautcoeur.

Attention l’inscription est gratuite mais obligatoire. Pour s’inscrire c’est par ici !

 

Le programme

14h-15h30 : Table ronde n° 1

Enseignement à l’Université : quelles suites après le rapport Hautcœur ?

Deux ans après le rapport rendu par Pierre-Cyrille Hautcœur, le contenu des enseignements économiques à l’Université a-t-il ou non évolué en réponse aux critiques dont il a été l’objet ? L’évolution du mode de recrutement des enseignants est-elle de nature à assurer un plus grand pluralisme ? Avec

Agnès Bénassy-Quéré, Professeure, Ecole d’économie de Paris, Université Paris 1, et Présidente-déléguée du Conseil d’analyse économique

Julien Hallak, Etudiant, membre de Pour un enseignement pluraliste dans le Supérieur en économie (PEPS Economie)

Benoit Hamon, Député des Yvelines, ancien ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur

André Orléan, Directeur de recherches CNRS

Gilles Rabin, Conseiller du secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche

Débat animé par Philippe Frémeaux, délégué général de l’Idies

 

La suite du programme du “off” sur le site des Jéco.

A cette occasion, nous vous signalons la table ronde organisée par nos amis de l’APSES sur les 50 ans des SES.