CNEG – Préconisations de bonnes pratiques pour l’enseignement supérieur en Économie-Gestion

Lors de sa réunion du 20 avril 2017, le Conseil National Economie Gestion a adopté une série de préconisations de bonnes pratiques pour l’enseignement supérieur en économie gestion. Vous les retrouverez ci-dessous ou ici et la pour le communiqué de presse.

Ces objectifs consensuels ont émergé des discussions menées par les différentes parties prenantes au sein du CNEG (Conseil National Économie Gestion). En lien avec les missions que s’est fixé le CNEG lors de sa création. Il s’agit de renforcer l’attractivité des diplômes dispensés dans les domaines de l’économie et de la gestion, tant du point de vue des étudiants que de celui des acteurs pouvant offrir des débouchés professionnels. Il s’agit tout à la fois de faire évoluer les diplômes pour rendre plus efficace l’insertion professionnelle des diplômés, de faciliter l’acquisition de savoirs et méthodes pluralistes et de valoriser les initiatives concourant à promouvoir la filière.

Le CNEG insiste sur l’impérieuse nécessité de mieux prendre en compte l’enseignement dans l’évolution des carrières des enseignants-chercheurs. Aujourd’hui et concrètement, les activités pédagogiques et d’encadrement des diplômes sont insuffisamment valorisées dans le passage du corps des maîtres de conférences vers celui des professeurs des universités. Les bonnes pratiques que nous préconisons ci-après ne peuvent être pleinement mises en place que si ces activités pédagogiques sont véritablement prises en compte dans l’évaluation et le suivi des carrières.

  • Les informations concernant le contenu des enseignements doivent être mieux diffusées. Les syllabus et bibliographies doivent systématiquement être mis en ligne pour être portés à  la connaissance des étudiants comme des recruteurs. Dans cet objectif, il est important que les compétences acquises au sein des formations soient clairement identifiées et diffusées de la même manière que les syllabus et bibliographies. Il est important de veiller à la cohérence des enseignements sur l’ensemble du cursus.
  • Les formations doivent assurer une meilleure continuité entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. En particulier la formalisation mathématique doit intervenir progressivement. Cette formalisation ne doit ni provoquer un obstacle de nature à décourager les étudiants ni aboutir à des enseignements trop abstraits.
  • Le contenu des enseignements doit être initié ou développé par des problématiques contemporaines et concrètes associée à  la compréhension des processus historiques à l’œuvre dans leur émergence (par l’histoire des faits et de la pensée). L’approche par problématique permet à la fois de susciter l’intérêt des étudiants et de contribuer à s’initier à la démarche scientifique. L’acquisition de savoirs rigoureux et pluralistes est ainsi facilitée.
  • Les pratiques pédagogiques permettant de mobiliser des compétences transversales (économie, gestion, techniques quantitatives comme qualitatives, mais aussi recours aux sciences sociales connexes) doivent être encouragées. Il s’agit de promouvoir les cours par objet, les enseignements en lien avec les enjeux économiques contemporains, ou les enseignements conceptuels en lien avec l’actualité économique et sociale. Au- delà, toute pratique pédagogique qui favorise l’efficacité de l’apprentissage des étudiants doit être encouragée. Une démarche par objet, par projet, ou d’investigation permet d’acquérir des compétences utiles dans la formation universitaire mais aussi dans l’insertion professionnelle.
  • Notamment afin d’encourager l’apprentissage des langues étrangères par une immersion totale, la possibilité de prendre une année de césure au cours de la licence comme du master doit être garantie. Au-delà, la mobilité internationale doit être encouragée.
  • La généralisation d’unités d’enseignement libres (UE libres) dans les maquettes doit être encouragée. Ces UE pourraient être validées par des engagements des étudiants dans des associations étudiantes (Junior Entreprises, soutien scolaire par exemple, car elles mobilisent des compétences en lien avec les cursus suivis) mais aussi par le suivi de cours offerts dans d’autres cursus, la pratique d’un sport ou encore l’apprentissage d’une langue étrangère non proposée dans le cursusLes créations de réseau de type « Alumni » doivent être encouragées. Il s’agit de favoriser les rencontres entre anciens étudiants et étudiants actuels. Ces réseaux d’anciens favorisent l’insertion professionnelle.

L’équipe PEPS-économie


Documents à télécharger :

JECO 2016 : retour sur la participation de PEPS-économie

En 2014, Pierre-Cyrille Hautcoeur remit à Madame Geneviève Fioraso, alors secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, un rapport sur l’avenir de la filière sciences économiques. Sujet toujours d’actualité, l’Institut pour le Développement de l’Information Économique et Sociale (IDIES) organisait en marge des journées de l’économie à Lyon une table ronde sur les suites de ce rapport. En tant que représentant des étudiants, PEPS-économie était invité à participer à cet exercice de vulgarisation et de démocratisation de l’économie. Agnès Bénassy-Quéré (vice-présidente du Conseil d’analyse économique, AFSE, professeure à PARIS 1) et André Orléan (président de l’AFEP) complétaient la tribune.

Nous revenons sur les principaux points de notre intervention.

Deux ans après, un malaise toujours palpable

Alors même que le contenu du rapport Hautcoeur est globalement intéressant, nous n’avons pu témoigner depuis d’une évolution positive de l’enseignement de l’économie en France. Pour cause, la suppression de l’agrégation du supérieur est la seule modification institutionnelle appréciable (et appréciée par l’ensemble des intervenants présents à la conférence) depuis deux ans. Ayant permis l’ouverture de postes de professeurs des universités à plus de candidats à l’approche hétérodoxe, cette mesure ne concerne néanmoins pas directement les étudiants.

Notre association a donc relayé l’éternel malaise ressenti par de nombreux étudiants en économie, désabusés par le contenu des programmes qui leurs sont dispensés. Depuis 2010, nous recevons et illustrons leur mécontentement (comme avec notre cartographie des cinquantes licences françaises parue en 2013). La prépondérance de cours complètement hermétiques à la pluridisciplinarité ne répond pas aux besoins des étudiants, à savoir l’envie de comprendre la société et ses interactions. Il en résulte ainsi une grande frustration intellectuelle, alors même que notre science est d’une richesse réflexive et méthodologique remarquable.

Pour une refonte intelligente de l’enseignement en économie

Toute critique qui n’est pas suivie de propositions concrètes étant vaine, nous avons également exposé ce que nous désirons. Selon nous, il ne peut y avoir d’enseignement innovant, critique et professionnalisant sans une approche pluraliste (sur ce dernier point, nous avons exprimé notre vif désaccord avec Madame Bénassy-Quéré selon qui un enseignement pluraliste ne peut être professionnalisant). Ainsi, nous défendons l’application des “3P”, véritable feuille de route d’une refonte intelligente de l’enseignement de l’économie. Par là, nous entendons un pluralisme des théories enseignées (faire partager aux étudiants les débats actuels entre les différents courants de pensée de l’économie), un pluralisme méthodologique-disciplinaire (former les économistes aux méthodes quantitatives, indispensables, mais aussi aux méthodes qualitatives) et un pluralisme réflexif, reflétant la nature de l’économie comme science sociale. Afin d’articuler de façon optimale ces propositions, une approche des cours par objet nous semble être la formule la plus adaptée.

La dispersion des malentendus sur nos propositions

Les acteurs de l’enseignement en sciences économiques connaissant mal nos revendications, comme Madame Bénassy-Quéré, nous reprochent généralement de vouloir imposer une certaine vision de l’enseignement et de l’économie. Nous désirons simplement établir un dialogue autour de nos revendications, a fortiori parce que nous sommes étudiants et qu’aucune réflexion sur l’enseignement ne peut être menée sans réunir l’ensemble des acteurs. Nous n’avons donc pas la prétention de nous substituer aux professeurs. Seulement, nous croyons à l’importance de prendre en considération les remarques des étudiants en économie, croyance renforcée par le fait que l’insatisfaction exprimée par ces derniers n’a toujours pas entraîné d’avancées majeures. Dès lors, les propositions de PEPS-économie (les trois pluralismes, l’approche par objet…) doivent être interprétées comme de grandes orientations, ouvertes aux discussions entre les parties (discussions pour lesquelles nous nous portons disponibles). L’ouverture d’une licence économie-géographique entre les universités Paris 7 et Paris 13, à laquelle PEPS-économie a apporté son aide, est un des exemples de bonne collaboration.

Une atmosphère générale encourageante

Au-delà des réactions positives suscitées par l’intervention de PEPS-économie durant le débat, nous nous félicitons de la présence du pluralisme dans les différentes conférences des JECO. En effet, sur des thèmes bien plus larges que celui de l’enseignement tels que “le monde est devenu différent ” ou “à quoi servent les économistes ?”,  le pluralisme fut le leitmotive des questions du public. Plus que jamais, la société civile semble désireuse d’appréhender la science économique sous toutes ses nuances. Combien de temps l’enseignement de l’économie y restera-t-il muet ?

Pour plus d’informations

Descriptif de la conférence à laquelle nous avons participé :

http://www.journeeseconomie.org/index.php?arc=a6&num=508

Notre réaction au rapport Hautcoeur datant de 2014 :

https://pepseco.wordpress.com/2014/06/09/rapport-hautcoeur-la-reaction-de-peps/

Un débat sur l’enseignement de l’économie à l’université avec PEPS-économie ? Rendez-vous aux Journées de l’économie le 9/11 à Lyon !

PEPS-économie participe, le 9 novembre à Lyon, à la première table ronde des rencontres de l’Institut pour le développement de l’information économique et sociale (Idies), organisée dans le cadre du « off » des Journées de l’économie (Jéco), sur le thème de l’Enseignement à l’Université : quelles suites après le rapport Hautcœur ?

Vous pouvez retrouver ici la réaction de PEPS-économie à la sortie du rapport Hautcoeur.

Attention l’inscription est gratuite mais obligatoire. Pour s’inscrire c’est par ici !

 

Le programme

14h-15h30 : Table ronde n° 1

Enseignement à l’Université : quelles suites après le rapport Hautcœur ?

Deux ans après le rapport rendu par Pierre-Cyrille Hautcœur, le contenu des enseignements économiques à l’Université a-t-il ou non évolué en réponse aux critiques dont il a été l’objet ? L’évolution du mode de recrutement des enseignants est-elle de nature à assurer un plus grand pluralisme ? Avec

Agnès Bénassy-Quéré, Professeure, Ecole d’économie de Paris, Université Paris 1, et Présidente-déléguée du Conseil d’analyse économique

Julien Hallak, Etudiant, membre de Pour un enseignement pluraliste dans le Supérieur en économie (PEPS Economie)

Benoit Hamon, Député des Yvelines, ancien ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur

André Orléan, Directeur de recherches CNRS

Gilles Rabin, Conseiller du secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche

Débat animé par Philippe Frémeaux, délégué général de l’Idies

 

La suite du programme du « off » sur le site des Jéco.

A cette occasion, nous vous signalons la table ronde organisée par nos amis de l’APSES sur les 50 ans des SES.

 

PEPS @ INET – OECD (April 2015)

We were invited by the Institute for New Economic Thinking and its youth branch the Young Scholars Initiative to present our work at their 2015 annual conference in Paris, at the OECD. This was a very intense conference, since we had 3 scheduled presentations!

peps ysi panel

On Thursday, we had the opportunity to organize a workshop and invite Dr. Sara Gorgoni (University of Greenwich ) and Dr. Alexander Teytelboym (INET & University of Oxford) to discuss how pluralistic curricula and textbooks should look like.

peps inet panel

On Saturday morning, we were conference speakers at the panel « Curriculum Reform for Activists » along a representative of Rethinking Economics and a journalist of the Financial Times to present a short version of our paper, originally published in L‘Economie politique and translated in English for The International Journal of Pluralism and Economics Education and published under the tittle « The case for pluralism: what French undergraduate economics teaching is all about and how it can be improved”.

peps ysi plenary

On Saturday afternoon, for the last session, we spoke at the plenary after Lord Robert Skidelsky closing remarks.

Although, the « Teaching Economics » panel session with Marc Lavoie, Wendy Carlin, Lord Robert Skidelsky unfortunately partly overlapped with our main panel on Saturday morning, these distinguished professors all took the time to come and listen to our presentations, and Professor Lavoie even quoted us at his panel!

Réaction aux propos de M. Pierre-Cyrille Hautcoeur dans Médiapart le 11 juin 2014

Le collectif PEPS-Économie tient à faire part de sa stupeur en réaction à l’entretien accordé mercredi 11 juin 2014 par Monsieur Hautcoeur au journal Médiapart. Cet entretien confirme nos craintes quant au sort réservé au pluralisme théorique dans le rapport remis le 5 juin par Monsieur Hautcoeur au Ministère de l’Enseignement Supérieur, et qui, au détour d’une phrase, semblait à notre grande inquiétude consacrer le règne sans partage du paradigme néo-classique sur la discipline économique.

Nous demandons à ce que Monsieur Hautcoeur s’exprime clairement à ce sujet, et qu’il explique ainsi ce qu’il entend lorsqu’il en appelle à un enseignement équilibré des différentes approches théoriques que compte aujourd’hui l’économie. L’alternative est simple. Prend-il position en faveur d’un enseignement qui accorderait toute sa place certes au paradigme néo-classique, mais également à l’école autrichienne, aux néo-marxistes, aux régulationnistes, aux conventionnalistes, aux post-keynésiens (à ne pas confondre avec les nouveaux keynésiens), etc. ? En ce cas, nous ne pourrions que nous réjouir qu’un rapport de son envergure vienne enfin contester le quasi-monopole dont jouit le paradigme néo-classique aujourd’hui. Et nous attendrions que ses auteurs précisent les mesures concrètes qu’ils aimeraient voir mises en pratique afin que ce pluralisme théorique ne reste pas un vain mot.

Monsieur Hautcoeur ne considère-t-il, au contraire, que les seules approches théoriques qui méritent d’être enseignées sont celles qui, au-delà de leur apparente variété, partagent avec la théorie néo-classique,un nombre suffisamment grand d’hypothèses fondamentales ? Si tel était le cas, nous serions contraints de vivement critiquer le rapport. Rappelons que PEPS-Économie défend, depuis sa création, un enseignement pluraliste de l’économie, et qu’à ce titre, notre collectif exige que les théories alternatives au paradigme installé soient dûment enseignées.

Pour aller au devant de critiques faciles, PEPS-Économie n’est pas « contre » la théorie néo-classique. Au contraire, nous réclamons qu’une telle théorie prenne, dans l’enseignement, la place qui lui revient de droit aux côtés des autres écoles de pensée. C’est seulement de cette manière que l’on cessera d’appauvrir l’enseignement reçu par les étudiants en économie aujourd’hui, et que l’on parviendra à exercer leur esprit critique et leur discernement, tous deux essentiels à la formation d’une authentique culture citoyenne.

 

Ouverture du site PEPS-Économie

Version 2.0 du site du mouvement Pour un Enseignement Pluridisciplinaire dans le Supérieur en Économie (PEPS-Économie).

Vous y trouverez nos revendications et propositions pour changer l’enseignement de l’économie dans les institutions scolaires post-bac, ainsi que nos différentes publications, et le programme de nos États Généraux à venir (le 6 Avril).