JECO 2016 : retour sur la participation de PEPS-économie

En 2014, Pierre-Cyrille Hautcoeur remit à Madame Geneviève Fioraso, alors secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, un rapport sur l’avenir de la filière sciences économiques. Sujet toujours d’actualité, l’Institut pour le Développement de l’Information Économique et Sociale (IDIES) organisait en marge des journées de l’économie à Lyon une table ronde sur les suites de ce rapport. En tant que représentant des étudiants, PEPS-économie était invité à participer à cet exercice de vulgarisation et de démocratisation de l’économie. Agnès Bénassy-Quéré (vice-présidente du Conseil d’analyse économique, AFSE, professeure à PARIS 1) et André Orléan (président de l’AFEP) complétaient la tribune.

Nous revenons sur les principaux points de notre intervention.

Deux ans après, un malaise toujours palpable

Alors même que le contenu du rapport Hautcoeur est globalement intéressant, nous n’avons pu témoigner depuis d’une évolution positive de l’enseignement de l’économie en France. Pour cause, la suppression de l’agrégation du supérieur est la seule modification institutionnelle appréciable (et appréciée par l’ensemble des intervenants présents à la conférence) depuis deux ans. Ayant permis l’ouverture de postes de professeurs des universités à plus de candidats à l’approche hétérodoxe, cette mesure ne concerne néanmoins pas directement les étudiants.

Notre association a donc relayé l’éternel malaise ressenti par de nombreux étudiants en économie, désabusés par le contenu des programmes qui leurs sont dispensés. Depuis 2010, nous recevons et illustrons leur mécontentement (comme avec notre cartographie des cinquantes licences françaises parue en 2013). La prépondérance de cours complètement hermétiques à la pluridisciplinarité ne répond pas aux besoins des étudiants, à savoir l’envie de comprendre la société et ses interactions. Il en résulte ainsi une grande frustration intellectuelle, alors même que notre science est d’une richesse réflexive et méthodologique remarquable.

Pour une refonte intelligente de l’enseignement en économie

Toute critique qui n’est pas suivie de propositions concrètes étant vaine, nous avons également exposé ce que nous désirons. Selon nous, il ne peut y avoir d’enseignement innovant, critique et professionnalisant sans une approche pluraliste (sur ce dernier point, nous avons exprimé notre vif désaccord avec Madame Bénassy-Quéré selon qui un enseignement pluraliste ne peut être professionnalisant). Ainsi, nous défendons l’application des “3P”, véritable feuille de route d’une refonte intelligente de l’enseignement de l’économie. Par là, nous entendons un pluralisme des théories enseignées (faire partager aux étudiants les débats actuels entre les différents courants de pensée de l’économie), un pluralisme méthodologique-disciplinaire (former les économistes aux méthodes quantitatives, indispensables, mais aussi aux méthodes qualitatives) et un pluralisme réflexif, reflétant la nature de l’économie comme science sociale. Afin d’articuler de façon optimale ces propositions, une approche des cours par objet nous semble être la formule la plus adaptée.

La dispersion des malentendus sur nos propositions

Les acteurs de l’enseignement en sciences économiques connaissant mal nos revendications, comme Madame Bénassy-Quéré, nous reprochent généralement de vouloir imposer une certaine vision de l’enseignement et de l’économie. Nous désirons simplement établir un dialogue autour de nos revendications, a fortiori parce que nous sommes étudiants et qu’aucune réflexion sur l’enseignement ne peut être menée sans réunir l’ensemble des acteurs. Nous n’avons donc pas la prétention de nous substituer aux professeurs. Seulement, nous croyons à l’importance de prendre en considération les remarques des étudiants en économie, croyance renforcée par le fait que l’insatisfaction exprimée par ces derniers n’a toujours pas entraîné d’avancées majeures. Dès lors, les propositions de PEPS-économie (les trois pluralismes, l’approche par objet…) doivent être interprétées comme de grandes orientations, ouvertes aux discussions entre les parties (discussions pour lesquelles nous nous portons disponibles). L’ouverture d’une licence économie-géographique entre les universités Paris 7 et Paris 13, à laquelle PEPS-économie a apporté son aide, est un des exemples de bonne collaboration.

Une atmosphère générale encourageante

Au-delà des réactions positives suscitées par l’intervention de PEPS-économie durant le débat, nous nous félicitons de la présence du pluralisme dans les différentes conférences des JECO. En effet, sur des thèmes bien plus larges que celui de l’enseignement tels que “le monde est devenu différent ” ou “à quoi servent les économistes ?”,  le pluralisme fut le leitmotive des questions du public. Plus que jamais, la société civile semble désireuse d’appréhender la science économique sous toutes ses nuances. Combien de temps l’enseignement de l’économie y restera-t-il muet ?

Pour plus d’informations

Descriptif de la conférence à laquelle nous avons participé :

http://www.journeeseconomie.org/index.php?arc=a6&num=508

Notre réaction au rapport Hautcoeur datant de 2014 :

https://pepseco.wordpress.com/2014/06/09/rapport-hautcoeur-la-reaction-de-peps/

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